Amb/ Quai Mitterrand …
©St.01/09-Jarnac-Quai Fr. Mitterrand.
Tout au long du quai
en cortège
sous la neige
patiemment alignés
en ce jour de janvier …
http://solange16.blogsudouest.com/2007/09/14/lannee-des-roses/
©St.01/09-Jarnac-Quai Fr. Mitterrand.
Tout au long du quai
en cortège
sous la neige
patiemment alignés
en ce jour de janvier …
http://solange16.blogsudouest.com/2007/09/14/lannee-des-roses/
Des mots partout … des mots qui s’empilent et prennent de la place. Des mots qui ne servent à rien. Ce n’est pas la première fois que j’écris cela.
Ce matin dans un élan de ras-le-bol mêlé de lassitude j’ai tout mouliné. J’ai fait de mes mots de longues guirlandes de
papier. Certains devaient être parfaitement indigestes car le broyeur avait du
mal par moments. Il patinait, renâclait, se coinçait.
Des milliers de petites languettes attendent
maintenant dans un grand sac jaune, de partir à la poubelle.
Des milliers et
des milliers de mots.
Des centaines d’heures passées au clavier d’un PC après
avoir griffonné au crayon de papier des lignes et des lignes sur mon petit
carnet de croquis de plume. Je me revois, le crayon à la bouche, les yeux dans
le grand vide de l’imaginaire qui se remplit petit à petit, d’images, de
ressentis pour enfin prendre vie sur le papier. Je me revois des soirées
entières, des nuits même, de grandes nuits d’insomnie à écrire, les yeux rivés
cette fois sur l’écran, les doigts pianotant sur les touches comme sur les
touches d’un piano muet à composer, écrire des partitions. De celles que l’on
appelle manuscrits, ou tapuscrits.
Quand ils vont soulever le sac jaune destiné au tri
sélectif, les éboueurs trouveront qu’il ne pèse pas bien lourd le sac rempli de mots.
Le poids des mots …
Les miens n’ont jamais pesé bien
lourd.
Mes mots vont être recyclés. Lavés. Effacés.
Qui sait ? Peut-être leur esprit imprégnera-t-il quelque temps le papier recyclé donnant à d’autres que moi l’inspiration pour écrire
d’autres mots. L’esprit des mots …
Je leur souhaite alors une très bonne seconde vie. Une vie
pleine de promesses. Une vie de mots qui prendront enfin leur envol. Une vie de
mot réussis. Une vie de mots, sans les maux.
Il y a pourtant plus de probabilité qu’ils se
retrouvent, mes mots, comprimés en rouleaux de papier, vous savez ceux que l’on
trouve au-dessus des éviers de la cuisine, ou encore, suspendus dans un drôle de
petit dérouleur au mur de la plus petite pièce de la maison.
Drôle de vie que celles des mots.
Le baudet n’est pas mort. J’ai veillé cette nuit. Le passage entre le deuxième et le troisième jour s’est effectué tout à fait normalement. Le baudet n’a pas donné signe de vie, pas plus que de mort. Je l’ai menacé de le transformer en Jésus s’il mettait sa menace à exécution de supprimer tout ce que NOUS, c’est à dire, vous et moi, ses compagnons de route ici, avions écrit sur sa toile de rondins. Qu’il dorme s’ il veut jusqu’à Noël prochain, mais nous faire harakiri à nous, non mais ! Tourner la page ne signifie pas arracher toutes les pages, n’est-il pas ?
Le tilleul de mon école, aujourd’hui depuis la fenêtre de ma classe
juste pour le plaisir de partager avec vous.
C’est
parti !
Mon
canard d’hier annonçait : « Le Dakar dans la pampa »
Le
Dakar … belle illustration du temps qui passe et qui glisse sans état d’âme sur
toute une tradition aujourd’hui parfaitement déplacée.
Autant, plus jeune, j’ai pu m’intéresser à cette épreuve qui à l’origine a permis
à des passionnés, peu argentés, de se faire plaisir à bord de véhicules presque
ordinaires (il me semble me souvenir de 4L
des frères « je ne sais plus »), des motos faites de bric et de broc, autant aujourd’hui je suis
triste de voir que c’est en Amérique du Sud que l’on a transporté hommes et
matériel, au prix de dépenses inconsidérées.
Et que dire de l’empreinte
écologique de cet « événement » ? J’en frémis.
Et pourtant dans le monde automobile, dans le monde des sponsors et autres lobbies, on ne déroge pas à la
tradition. Trente ans ! Crise ou pas, terre en danger ou pas. C’est parti !
A
l’heure où en France et ailleurs, nombreux sont ceux qui tirent le diable par
la queue pour vivre décemment, à l’heure où les Grenelle de l’environnement et
autres rassemblements officiels tirent eux la sonnette d’alarme et incitent le commun des mortels que je suis, que
vous êtes, à la parcimonie … à l’heure
où la planète se meurt de trop de « n’importe quoi » … on a trouvé la
géniale idée de transporter le Dakar, encore plus loin, pour plus de plaisir, plus de sensations. Par précaution aussi puisqu’on a délaissé l’Afrique, trop dangereuse pour les participants.
Dangereuse
Afrique.
Avec ses conflits. Ses conflits pour la survie, ses conflits pour un territoire ou des énergies à partager. L’Afrique et ses problèmes qui ne sont pas les nôtres, ou si
peu, et qui ont juste le tort de perturber l’organisation d’un événement
sportif mené tambour battant par et pour des européens pour la plupart.
Ils ont
donc choisi, les européens, aventuriers, sportifs, d’aller squatter un autre
continent. Un superbe continent, où le temps qui passe laisse encore à ses
habitants Andins celui ( le temps) de prendre leur temps, de vivre paisiblement même
si les problèmes ne sont pas absents, un temps qui passe en laissant au sublime
Atacama la paix, le silence et un ciel parfaitement pur.
Ça
m’agace. Ça m’agace. Que faire de plus sinon qu’être agacée ?
On
va me dire que c’est une façon pour ceux qui suivront « l’événement »
à la télé, sur les journaux de s’évader, de rêver …ersatz de bonheur en ces temps tellement tristes. Une belle façon de commencer l’année.
Foutaises !
S’évader
on peut le faire à deux pas de chez soi, sans bagnole, sans bruit, sans argent.
Rêver
… il y a longtemps que je rêve de l’Amérique du Sud où je n’ai encore jamais
mis les pieds malgré l’admiration que j’ai pour ses pays.
Si un jour j’ai le bonheur d’y mettre le pied, moi la charentaise que je suis, j’ai juste envie de le faire avec respect pour ne pas déranger.
Le Dakar s’est invité à grand renfort de bruit et d’argent dépensé de façon indécente, à sillonner des pays qui n’ont rien demandé.
Ah mais oui, j’oubliais.
Des actions humanitaires, solidaires, sont menées tout au long du périple. Les autochtones outre le spectacle gratuit qui leur sera offert, se verront offrir quelques cadeaux très européens pour améliorer leur confort ou le superflu qu’ils n’ont pas.
Jolie façon de se déculpabiliser, un peu, beaucoup …
Quelques petits miroirs aux alouettes offerts en échange de grands espaces, vierges, qui appartiennent à tous, et surtout à nos enfants (ce n’est pas de moi) et que les Indiens d’Amérique entretiennent depuis des générations avec respect.

